Assurance chômage : un nouveau régime d’affiliation pour les « primo entrants » dès avril 2026
Une nouvelle étape de la réforme de l’assurance chômage est entrée en vigueur le 1er avril 2026. À cette date, les salariés qualifiés de « primo entrants » n’auront plus à justifier de six mois d’activité pour ouvrir des droits, mais seulement de cinq mois. Cette évolution, désormais officialisée par un arrêté publié au Journal officiel du 29 mars 2026, marque un tournant dans la prise en compte des parcours professionnels discontinus.
Un changement rendu possible par un long processus réglementaire
La mesure n’est pas nouvelle : elle figurait déjà dans la convention d’assurance chômage signée le 15 novembre 2024. Mais son application avait été suspendue lors de l’agrément gouvernemental de décembre 2024, faute de base légale.
Ce n’est qu’un an plus tard, avec la loi Seniors du 24 octobre 2025, que le Code du travail a été modifié pour permettre l’instauration d’une durée d’affiliation spécifique pour certains publics. Une fois cette condition remplie, le gouvernement a pu reprendre la procédure d’agrément et valider la disposition.
Les « primo entrants » sont définis comme les demandeurs d’emploi n’ayant perçu aucune allocation chômage au cours des vingt dernières années. Pour eux, la convention prévoit une durée d’affiliation réduite à 108 jours travaillés, soit cinq mois, contre 130 jours dans le régime général.
L’arrêté du 28 mars 2026 précise que cette règle s’appliquera pour toutes les fins de contrat intervenant à compter du 1er avril 2026. Elle restera en vigueur jusqu’au 31 décembre 2028, date d’expiration de la convention.
Une durée d’indemnisation ajustée en cohérence
La réduction du seuil d’affiliation entraîne une adaptation parallèle de la durée minimale d’indemnisation. Celle-ci est désormais fixée à 152 jours calendaires pour les primo entrants, soit l’équivalent de cinq mois. Le décret publié le même jour modifie l’article R. 5422‑1 du Code du travail afin d’intégrer cette durée dérogatoire, alors que le droit commun demeure fixé à 182 jours.
Une réforme pensée pour mieux protéger les trajectoires professionnelles fragmentées
L’objectif affiché est clair : faciliter l’accès aux droits pour les personnes dont les parcours professionnels ne permettent pas toujours d’atteindre les six mois d’affiliation requis.En effet, pour certains publics, l’exigence de six mois pouvait constituer un frein réel à l’ouverture de droits.
Selon les estimations de l’Unédic, plusieurs dizaines de milliers de personnes pourraient bénéficier chaque année de ce nouveau seuil, en fonction de la conjoncture du marché du travail. Les partenaires sociaux avaient d’ailleurs soutenu cette mesure, considérant qu’elle renforçait la protection des travailleurs aux parcours fragmentés.
Cette réforme vise à rendre l’assurance chômage plus accessible à des profils qui, jusqu’ici, restaient parfois en marge du système.
Arrêté du 28 mars 2026, JO du 29, texte 15 ; décret 2026-214 du 28 mars 2026, JO du 29

